O Ecolematernelle

Au cours de l’année 2000, lors d’une assemblée générale de notre Association, l’UFE, l’un de nos membres actifs lança l’idée de créer une école maternelle pour nos enfants. Il avait constaté comme nous qu’une école maternelle franco-polonaise n’existait pas encore dans la région et que ce manque pouvait avoir des répercussions sur l’éducation scolaire de nos propres enfants expatriés. Pour ma part, même si j’étais toujours salarié de Ceetal et, que, dans le même temps, j’imprimais l’impulsion nécessaire au fonctionnement impeccable de l’UFE, j’étais conscient que ce genre d’établissement se révélait être indispensable.

Le 11 novembre 2000, j’eus l’occasion de déjeuner en présence de Monsieur l’ambassadeur Benoît d’Aboville qui, lorsque je conversais avec lui au sujet de l’établissement scolaire que nous voulions faire sortir de terre, il nous apporta immédiatement tout son appui.

Une première réunion nous permit de dénombrer le nombre d’enfants qui étaient susceptibles d’intégrer l’école : nous en comptions 16. Puis, chacun d’entre nous s’attela a maintes tâches aussi importantes qu’urgentes. Les uns préparèrent le budget nécessaire, les autres s’enquirent de dénicher des sponsors – sans succès pour commencer. Je parvins à découvrir un endroit ou l’installation de notre classe s’avérait envisageable. Ensuite, en mettant toutes mes forces dans l’aboutissement de ce projet, je pus nouer des relations étroites avec des sponsors pour être d’avantage précis ! – avec de grands groupes comme Décathlon, BIC ,Nutella et EDF.

Lors des réunions suivantes, je pris conscience que d’aucuns croyaient de moins en moins en ledit projet. Beaucoup cessèrent de m’épauler en cours de route… Mais, finalement, après bien des déboires et des difficultés de dernier moment, le 1er septembre 2001 précisément, l’« École Maternelle de Tréville » vit le jour ! J’en ressentis une immense fierté. (www.ecolematernelle.pl )

Pour cette rentrée de 2001, seulement quatre enfants français expatriés suivirent les cours dispensés par notre petite équipe pédagogique, par deux maîtresses. Imaginez tout de même que cette école maternelle franco-polonaise était la première de ce genre dans la région. C’était une grande victoire pour nous tous mais, surtout, une immense victoire pour la langue de Voltaire !

Il fut particulièrement ardu de faire comprendre aux parents français que l’intégration d’enfants polonais, désireux d’apprendre notre si belle langue, dans l’« École Maternelle de Triville », était fondamentale. Après plus d’une année de démarches administratives éreintantes, mon « bébé » fut enregistré auprès des autorités polonaises et la totalité des homologations furent enfin reçues. Grâce à cela, j’obtiens encore actuellement une subvention de 50 euros par enfant et par mois. Monsieur l’Ambassadeur Benoît d’Aboville nous aida à obtenir trois subventions Flam successives, de 5 000, puis de 11 000 et, enfin, de 7 000 euros sur trois années. Et, pour 2007, pas moins de 53 enfants ont rejoint notre école privée ! 20 sont en petite et moyenne section de maternelle, 12 en GSM – Grande Section Maternelle – et CP, et les autres sont répartis dans différents niveaux de primaire et de collège, allant du CE1 à la 5ème.

Grâce, d’une part, aux frais de scolarité versés par les parents et à une dotation de la ville de Gdynia, et, d’autre part, a l’aide ponctuelle de l’Ambasse de France en Pologne, l’« École Maternelle de Tréville » se tient a flots. Celle-ci est inscrite au registre des établissements non publics de la Direction Régionale de l’Éducation et agréée par le Ministere de l’Éducation Nationale. Le programme d’enseignement de notre établissement met l’accent sur l’enseignement d’une langue étrangère, au plus jeune âge possible, et sur un développement polyvalent et individualisé des enfants. Nous proposons des activités intéressantes et variées, adaptées a leurs besoins, a leurs propres possibilités et a leurs points d’intérêt.

Les activités avec les enfants sont réalisées en langue française. A l’âge pré-scolaire, la structure du langage est construite et développée surtout dans la situation de la vie quotidienne ; notre but est donc d’accompagner l’enfant dans son voyage au travers du monde des nouveaux sons, rhytmes différents et découvertes linguistiques. Grâce aux compétences auditives qui sont extraordinaires a cet âge (maîtrise auditive rapide), l’enfant se familiarise avec une nouvelle langue et s’immerge dans sa mélodie. Ce « bain linguistique », surement, donnera de bons résultats à l’avenir. Les principes pédagogiques et le programme d’enseignement de notre école maternelle sont conformes aux directives du Ministere de l’Éducation Nationale. En outre, ce programme est enrichi avec les méthodes d’enseignement élaborées en France (www.cned.fr. Le processus de l’éducation est surveillé par l’inspecteur d’académie de Gdynia. )

Bien entendu, l’« École Maternelle de Tréville » absorbe énormément de mon temps, tant sur le plan administratif que sur un plan plus pédagogique. Mais, quelle fierté de savoir que je contribue, à mon simple niveau, au rayonnement de notre langue française en Pologne! A l’heure ou le français est en danger face à un anglais vorace et international, je me targue de participer activement à la réhabilitation d’une langue qui sait encore faire rêver nombre de jeunes enfants.

Récemment, en décembre 2007, nous avons eu la faveur de recevoir l’Archevèque Tadeusz Goclowski de Gdansk, mais aussi le Consul de France, Monsieur Meydan Mehmet et le 8 novembre 2008 de Monsieur l’ambassadeur Francois Barry Delongchamps tous trois ont ainsi pu observer la façon avec laquelle nos enfants sont rayonnants de bonheur.

Ma propre expérience personnelle m’a souvent démontré qu’il fallait savoir donner un peu de sa personne pour récolter ensuite les fruits de son investissement. Aujourd’hui, l’« École Maternelle de Tréville » représente à mes yeux l’oeuvre essentielle de mon existence. Mais, comme toute oeuvre, qui plus est très jeune, celle-ci demeure fragile et mérite une attention soutenue de notre part. Je me porte garant de cela, même si, parfois, l’étendue des buts à atteindre me semble vertigineuse.